Photo de Pierre sous la citadelle Chemin sur le Contadour

...Un fil conducteur m'était nécessaire, une sorte de satellite mental qui me permettrait de voir au loin Forcalquier et ses passions... (Les romans de ma Provence)

Autres parutions

Laure du bout du monde

Mai 2006

Couverture de "Laure du bout du monde"

Extrait de la 4ème de couverture :

- Qu'est-ce que ça veut dire aimer ?

- Je l'ai lu dans un livre, dit Laure.

- A la maison, depuis que je suis né, personne, tu entends bien ? personne ! n'a jamais prononcé ce mot. Le mot aimer et le mot tendresse n'ont jamais fait souche ici. Le bonheur, ajouta le grand-père, c'est une distraction de riches !

Voici ce qu'on pense du sentiment à Eourres quand Laure naît. Cette phrase du livre est comme une fiche d'état civil pour Laure qui pèse 750 grammes à sa naissance. Pas plus qu'Eourres on ne peut l'inventer parce que seul ce pays pouvait permettre cette naissance. Il est impossible de concevoir, si on ne les a pas vus, ces montagnes, cette géologie démentielle, ce chaos de la fin des temps ou de leur début. Songez au silence, à l'isolement, mais songez à l'obstination de Laure qui à trois ans demande à apprendre à lire et à six conduit le troupeau. Songez à cette petite fille perdue dans ce pays sans grâce qui veut échapper non pas à sa condition mais à son ignorance de la vie. Songez à tout ce qu'elle va devoir braver si elle y parvient.

Pierre Magnan


Un roman âpre et magnifique sur un jeune être que le destin avait condamné à n'être rien.


L'histoire que je raconte ici m'a été inspirée par ce pays que je ne connaissais pas, ni sa terre ni ses gens. Encore n'est-ce pas exact car si le pays a été le détonateur, il est né lui- même d'un amalgame, d'une sorte de bouquet composé de tout ce que j'aime et qui erre par mes horizons.

Il y a une distance infinie entre ce parterre de muguet à profusion, ces roubines noires, berceau de ces géodes où est enfermé un air ailleurs disparu depuis la nuit des temps; entre ces demoiselles coiffées, pimpantes comme au sortir d'un bal minéral où elles auraient été enchantées et ces cascades de fontaines où coule une matière intarissable. Toutes ces choses unies par le vent dans son murmure sont sans valeur mais véritables. Toutes ces choses un homme enfin seul peut reposer sur elles ses yeux fatigués par les horreurs de la vie.

Les personnages et leurs caractères sont nés de cette pauvreté qui n'était pas misère mais qui forçait à économiser peu à peu tout le bonheur qu'on en tirait, à le faire s'égrener heure après heure comme les grains d'un chapelet.

Tout cela est muet aujourd'hui comme les pierres qui témoignent. Ce roman est une plongée dans le naguère qui parut immuable pendant des millénaires, lesquels soudain se morcellent en lambeaux sous nos yeux. Ce que j'appelle : le tissu conjonctif d'un pays, d'une civilisation, d'un certain plaisir d'exister.

Ce livre, c'est tout mon regret de cet équilibre qui s'écoule lentement à travers mes phrases.


L'espérance du bout du monde

par Xavier Lainé

Laure a la gracilité du petit gris, la vigueur du sanguin, la rareté du cèpe. Le hasard l'a fait naître au versant sombre de ces Alpes du sud fermées, il y a peu, au monde des humains. La nature n'y laissait guère de place à l'humanité. Il fallait y survivre, coûte que coûte, arracher à la pauvre terre encombrée de caillasses une subsistance aussi maigre que les revenus qu'elle voulait bien procurer. On était loin, en ces temps pas si lointains, de l'idyllique nature et du retour béat à une terre inhospitalière.

Laure a la rareté du poème le plus fin : celui qui se love au cœur de l'être, et l'entraîne loin de la réalité obsédante. Laure est le poème même, qui se tisse en chaque vie, si les yeux du poète savent s'ouvrir à sa présence et en démontrer la saveur.

Laure eut la malchance d'arriver en terre d'ignorance et de bêtise. Mais, comme chacun le sait, le vent finit toujours par tourner, et la chance pointe toujours son nez derrière l'hasardeuse naissance.

Celle de Laure, c'est d'avoir rencontré, en Pierre Magnan, un cœur prêt à l'entendre, à amplifier sa sourde plainte, à en faire jaillir la splendeur d'une vie, le rayon du soleil tant attendu sur ces ubacs froids, prémisses de printemps et de renouveau.

Pierre, ici, signe sans doute son plus beau roman. Il nous livre du cœur même de sa sensibilité, toute sa connaissance d'un pays aveugle et sourd, mais qui s'éveille contre son gré à la lumière, à la variation des couleurs. Pierre nous parle d'un pays, et d'une âme qui en elle-même est porteuse de cette douce révolution que les hommes doivent faire sur eux-mêmes pour découvrir toute la bonté dont ils sont capables.

Laure ne peut laisser personne indifférent : même le plus sourd, le plus aveugle se met à entendre sa complainte. Son amour de la vie rayonne de page en page, nous entraîne aux rives incertaines de l'existence chaotique.

Et, même si la vie se fait dure, que l'homme demeure au fond un loup pour lui-même, que les enfants reproduisent à l'infini le monde borné de leurs parents, se font guerriers, reproduisent les crimes, se repaissent du sang des autres, c'est quand on arrive au fond de ce précipice qu'une lumière surgit, minuscule dans la nuit, précédée d'un troupeau bêlant de terreur dans le noir de l'automne, une infime lumière tenue à bout de bras par une fillette dont le regard clair, d'un coup, vous fait la démonstration qu'une autre humanité est possible.

Laure est cette lumière qui interrompt nos doutes, nous fait espérer à nouveau, nous transporte loin de l'absurdité du monde.


Assis dans le TGV, revenant vers ces cimes désertiques que j'aime autant que Pierre peut les aimer, une larme se glisse entre mes paupières. Je l'arrête d'un geste furtif, épiant le visage de ceux qui m'entourent. Mon geste est aussi monstrueux que celui dénoncé par Laure. Je saisis un mouchoir en papier au fond de ma poche, essuie la larme suivante. Je m'aperçois alors que ce n'est pas larme de tristesse mais de bonheur vrai, devant la sincérité lue entre les lignes.

Il y a donc un droit de pleurer, de chagrin ou d'amour, de tristesse ou de joie, de peine ou de tendresse. Réprimer ce droit, c'est déjà plonger dans l'absurdité d'un monde amputé de toute sensibilité.

Je l'avoue, du fond de moi-même, une profonde tendresse est venue me submerger à la fermeture du livre. Je suis resté un moment sous le charme, regardant le paysage aride défiler sous mes yeux. Je suis revenu au pays ; je l'ai regardé, et, plein de cette tendresse nouvelle, je crois ne l'avoir jamais aimé aussi fort que ce soir de juillet torride.

Laure est venue me prendre par la main, devant la gare de Manosque, elle n'était plus Laure, elle avait pris les traits de mon fils, un infini bonheur nous envahissait de nous retrouver après quelques jours au loin. Le soleil en ses dernières heures faisait rougir les cimes des collines, une odeur de résine envahissait l'espace.

De retour auprès des miens, je posais l'ouvrage sur ma table pour écrire sans attendre. Mes mots ont fait que le livre n'est pas resté là. D'autres mains tendres sont venues le prendre, d'autres yeux l'ont dévorer, en sont revenus attendris à leur tour.

Je me prends à rêver que cette tendresse, comme la peste et le choléra du passé, vienne contaminer chaque maison, chaque être. Je guette chaque jour, dans les yeux ternes que je croise sur le chemin de mon labeur, les signes de cette contagion.


Xavier Lainé - Manosque, 10 septembre 2006

Merci mon cher Xavier, l'appréciation que vous portez sur Laure est certes la plus authentique qu'on ait écrite. (...) Que ce livre ait pu vous impressionner à un tel point votre âme sensible ne me remplit ni d'orgueil ni de vanité mais plutôt de terreur comme chaque fois quand un lecteur adhère trop bien à ce que j'écris parce que je mesure la puissance de l'écriture et, en conséquence, la terrible responsabilité qu'endosse l'écrivain vis à vis de celui qui me lit.

Avec votre permission je vais diffuser votre texte et l'appréciation qu'il m'a inspirée. Tant pis pour ce que les rieurs en diront, je passe outre.

Les âmes sensibles comme la vôtre ne retiendront de ma réaction que cette parole sous-jacente jadis prononcée par ceux qui prenaient la robe de la religion : Domine non sum dignus.


Ma Provence d'heureuse rencontre

Mai 2005

Couverture de "Ma Provence d'heureuse rencontre"

Extrait de la 4ème de couverture :

Quand on a le privilège d'être natif, le monde de votre pays ne se découvre pas de l'extérieur comme une planète inconnue, il ne s'explore pas. On implose en son giron. Orgueil ? Que non pas. Humilité au contraire. Ainsi ai-je surgi au coeur de la Provence liant connaissance avec mon berceau par mes oreilles d'abord.

Je parle surtout d'une Provence disparue. Celle de mon enfance et de ma jeunesse. Je parle aussi d'une Provence inconnue, celle qui ne se voit pas, celle sur quoi il faut pointer le doigt pour attirer l'attention. Je parle enfin d'une Provence restreinte. En fait, celle-ci ne dépasse pas les limites des Alpes-de-Haute-Provence, pays qui en dépit qu'on en ait reste mystérieux et secret. Le livre est écrit à la demande de mes lecteurs qui achètent mes ouvrages comme des guides pour se promener dans mes paysages, car si les histoires que je raconte sont inventées, les lieux où elles se déroulent en revanche sont rigoureusement conformes à la réalité.


Un monstre sacré

Mars 2004

Couverture de "Un monstre sacré"

Extrait de la 4ème de couverture :

Je suis seul avec cette femme qui me paraît inconnue et qui désormais tient ma vie entre ses mains ; avec ces deux pékinois, baroques parmi ces montagnes ; seul sur la place d'un village étranger. Ma mère, ma soeur, mon père, notre pauvreté m'apparaissent comme terre promise.

Poursuivant la confession d'un enfant du dernier siècle commencée avec L'amant du poivre d'âne et Apprenti, Pierre Magnan met en scène les dessous d'une patrie française curieusement enlisée dans la guerre et nous régale des paradoxes de sa liaison avec une femme mûre qu'il n'aime pas : Thyde Monnier. Sous la coupe éclairée de cette romancière à succès des années 40-50, véritable monstre sacré, le jeune Pierre multiplie les infidélités cuisantes ou heureuses, fête ses vingt ans sur le tournage d'un film avec Fernandel, atterit dans un camp de jeunesse pétainiste, fuit le S.T.O. et la Résistance, rencontre Giono, et, gravitant dans les milieux de l'édition, se lance lui-même dans une aventure littéraire sans espoir...


Roman autobiographique porté par une écriture vivante, savoureuse, Un monstre sacré restitue sur un ton merveilleusement décapant et drôle le destin d'un tout jeune homme pris dans les tourmentes de l'Histoire.


Le sort tragique de L'enfant qui tuait le temps

Mai 2004

Couverture de "L'enfant qui tuait le temps"

Extrait de la 4ème de couverture :

Chassés du ciel comme des malpropres par son nouvel occupant, Kronos et Zeus font halte en Trièves, sous une pluie battante. Ils trouvent refuge à L'auberge du bord de route, le soir même où l'épouse du patron accouche d'un garçon, Elie. La table étant bonne et les hôtes charmants, Kronos décide de faire un don au nouveau-né : l'enfant aura le pouvoir d'arrêter le temps. En grandissant, Elie va ainsi rendre de bien étonnants services grâce à son fabuleux pouvoir...


Entre sagesse et merveilleux, une parenthèse pleine d'émotion et de tendresse dans l'oeuvre d'un maître du roman noir.

Cet ouvrage qui devait paraître chez Hachette sous la direction de Pierre Marchand a vu sa carrière anéantie par la mort brutale de celui qui m'écrivait :

Cette publication sera précédée d'un matériel spécialement destiné aux enseignants, diffusé au mois d'avril 2003 auprès de 47 000 professeurs de Français des collèges et de 7 000 documentalistes (...) la qualité de votre livre mérite que nous en fassions notre livre de poche vedette de l'année prochaine.

Pierre Marchand est mort trois mois après cette déclaration. Ses successeurs n'ont pas vu l'utilité de poursuivre son effort. Conclusion : mon ouvrage tiré à 10 000 exemplaires a été retourné par la plupart des libraires qui ne savaient dans quel rayon le classer!

Il est aujourd'hui épuisé mais heureusement il va être repris au mois de mai dans la collection folio.

Ce n'est pas fini. A la sortie du livre j'ai acheté 250 volumes (avec 30% de remise) et à mes frais j'en ai envoyé un exemplaire à tous les groupes scolaires de mon département des Alpes de haute Provence.

Sans doute les instituteurs concernés ont-ils vu dans cette démarche une opération commerciale car j'ai reçu en tout et pour tout 4 accusés de réception.

C'est peut-être le seul livre que j'ai écrit avec un plaisir sans mélange d'un bout à l'autre, j'aimerais bien que vous le lisiez de même.


Apprenti

Couverture de "Apprenti"

Extrait de la 4ème de couverture :

Je n'ai pas accompli mon rêve d'enfant : devenir maçon. Mais à seize ans, j'ai écrit Périple d'un cachalot, un roman de trois cent cinquante pages qu'on lit encore aujourd'hui.

J'ai donc décidé de raconter ma vie dans un livre qui ressemble comme un frère à l'un de mes romans. Une vie d'éveils et de talents précoces, mais aussi de conditions difficiles. Mes lecteurs y apprendront que je fus apprenti dans une imprimerie pour cinq francs par semaine. Que j'ai aimé dès douze ans la femme que j'ai eu la douleur de perdre en l'an 2002. Qu'à l'âge de treize ans je connus la guerre et les vraies épreuves, mais que les soirs d'hiver et les collines de Provence ne cessèrent jamais de m'émouvoir et de me consoler de tout. Que j'ai appris bien plus à l'imprimerie qu'à l'école. Qu'à quinze ans j'ai rencontré Giono et tout ce qui l'entourait : la musique, les grands écrivains, la dimension du monde.

Bref, j'ai décidé de dire la vérité dans un véritable roman autobiographique où le lecteur retrouvera bien des personnages, des lieux et des instants de grâce qui parcourent mon oeuvre de fiction.

Apprentissage d'un métier ou apprentissage de la vie ? Je l'ignore. Le vaste tâtonnement de mes sens malhabiles vers tout ce qui concernait cet étrange monde où j'avais été jeté, me plongeait chaque jour dans un étonnement sans borne. Comme si venant d'un univers où tout eût été parfait, j'avais été soudain précipité dans un autre où rien ne l'était.

Puis à cet étonnement, peu à peu je me suis accoutumé, je me suis apprivoisé, j'ai pris même un certain plaisir à ressentir un certain amusement.

Mais je n'ai jamais cessé d'éprouver de l'admiration devant ceux qui trichant tant qu'ils peuvent mais considérant leur tricherie comme un exploit sportif parviennent à maîtriser la vie tout en gardant bonne conscience.

Moyen en tout ? Ce titre devait d'abord coiffer cet ouvrage, les représentants en librairie qui sont les maîtres de la vente ont hurlé à la mort quand je le leur ai proposé. Ni les libraires ni le public d'après eux ne l'auraient supporté. Comme si Apprenti était plus dégustatif !

C'était pourtant déjà bien d'être moyen en tout quand on est parti de si bas ! Et pourquoi pas moyen en tout ? Parce que je suis un peu original par l'écriture ai-je droit au prix d'excellence ? Parce que je suis lucide sur moi-même puis-je m'enorgueillir de l'être aussi envers autrui ? Et le monde est-il si clair, si transparent, si facilement explicable que quiconque puisse se targuer d'en maîtriser les mystères ?

Je vous le dis sans essayer de me sauver par des préfaces infinies, celui qui se croit bien davantage que moyen en tout m'est profondément suspect. Même si c'est un génie, il n'a pas suffisamment médité l'inscription gravée au fronton du Temple de Delphes : Connais-toi toi-même.


Mise au point

En dépit de la signature de la quatrième de couverture, ce n'est pas l'auteur qui l'a rédigée. Jamais celui-ci n'aurait utilisé le terme talents précoces appliqué à lui-même. C'est faute de temps que l'éditeur a dû confier cette rédaction à un collaborateur. De même que je n'ai pas connu la guerre à treize ans. A treize ans, j'entrais à l'imprimerie et la guerre n'éclaterait que cinq ans plus tard. Le lecteur aura rectifié de lui-même.


Les romans de ma Provence


Couverture de "Les romans de ma Provence"

(...) J'avais cet adorable village de Montbrun-les-Bains que je me gardai bien d'aller connaître afin de pouvoir l'inventer tout mon saoul. J'ai toujours eu la velléité de faire une cure non pas dans une ville d'eaux, mais dans un village d'eaux. Il est des souhaits ainsi dans toute une vie qui ne se réaliseront jamais parce qu'on est toujours à se demander si on en a réellement envie. (...)


(...) Je traversai les bois de Saint-Trinit où Brédannes avait chevauché sous les grands arbres. J'avais voulu faire le tour de tout le pays sur les chemins duquel j'avais fait courir mon herboriste, son corbillard et sa douillette conception de la vie, mais j'étais heureux de retrouver Forcalquier. Les rossignols chantaient dans les marronniers du boulevard des Martyrs et le soir tombait sur ce pays énigmatique. C'était l'atmosphère rêvée pour me persuader qu'il ne me serait jamais possible d'écrire sur ailleurs. (...)


Les Promenades de Jean Giono


Couverture de "Les Promenades de Jean Giono"

(...) La source parcimonieuse, les pins dolents, les yeuses rabougries, indescriptibles à cause de leur banalité même, les rares houx hérissés de défenses, les genêts défleuris, asymétriques et qui semblent déjà, par leur aspect de torches, appeler l'incendie ; rien de tout cela n'est très photogénique pour la grange de la mémoire. Il faut installer autour l'atmosphère : l'odeur des pins, les criailleries d'un congrès de pies en plastron blanc sur des oliviers embroussaillés et, surtout, la rumeur de Manosque, au loin, faite de cris d'enfants sous les préaux, de maillets d'artisans frappant les douves d'un tonneau, de déferlement d'appels joyeux en provenance du vallon de Gaude où les mineurs de fond éblouis viennent de sortir du puits. (...)


(...) Il reste que la montagne où il a pris pied dès 1930 ne lui offre que de médiocres sommets par rapport à son ambition. Il part à sa recherche dans tous les sens, flairant la communion possible, s'apprivoisant à elle, l'apprivoisant à lui. Je le vois marchant d'un bon pas, tout seul comme lorsqu'il découvrit Lure à douze ans, à la rencontre de la montagne où il va construire sa bataille. (...)


Serge Fiorio


Couverture de "Serge Fiorio"

J'ai dédié Pour Saluer Giono à Serge Fiorio qui a choisi de vivre à Montjustin et qui a toujours respiré à la même hauteur que son cousin Giono. Ce peintre a mérité cet album qui a vu le jour, grâce à l'amitié et à l'admiration que lui ont voué les libraires de Manosque, Maurin Gibert et Danièle Galliot à l'enseigne du Poivre d'âne.


J'ai préfacé cette superbe collection de toiles secrètes dont ceux qui les ont commandées les conservent jalousement et ne s'en défont pas même pour une exposition. C'est seulement dans cet album rétrospectif que ceux qui aiment et qui admirent Fiorio pourront le retrouver tel qu'en lui-même.


Et il ne sera pas réédité.



Mon Théâtre d'Ombres


Couverture de "Mon Théâtre d'Ombres"

Pendant ma seconde traversée du désert, moins longue que la première mais qui dura tout de même cinq ans; sous la férule d'un éditeur qui confiait à ses proches : celui-là je ne le pousse pas parce que c'est un mauvais écrivain, un Auvergnat se présenta comme pour Brassens. Il se nommait Patrice Galbeau et il était en charge à France-Inter d'une émission de pièces radiophoniques à tendance policière qu'il avait appelée Les Tréteaux de la Nuit. Cette émission à succès populaire auprès des gens simples, fit de l'ombre à tellement de monde (la chose est coutumière sur les ondes) qu'on la reporta d'abord à 22h30 et ensuite à minuit. Ainsi était-on certain qu'à cette heure indue les vieillards et les travailleurs seraient depuis longtemps couchés et que l'audience restante ne vaudrait plus la peine qu'on conservât l'émission qui disparut. Amen. Mais entre-temps les textes que j'écrivais me rapportèrent assez pour me permettre de subsister jusqu'à la saison nouvelle...

Les pièces de théâtre contenues dans ce volume sont représentées en plein air par le TRAC (Théâtre Rural d'Action Culturelle) de Beaumes-de-Venise (dirigé par Vincent Siano) durant la période estivale un peu partout en Provence.


L'Homme Rejeté

Couverture de "L'Homme Rejeté"

Extrait de la 4ème de couverture :

J'ai voulu rééditer ce roman pour connaître enfin, vingt ans après, l'avis de tous les hommes que les temps modernes ont écrasés. (Pierre Magnan octobre 2001)




Un grand livre sorti du néant. (Le Soir de Bruxelles)


A peine couronné comme un maître du polar, Magnan s'en est allé sur d'autres chemins. Ceux auxquels ne s'ajoute aucun qualificatif sinon peut-être celui de roman social. (Journal de Bruxelles)


La critique de la grande machine sociale, broyeuse d'hommes, des grandes entreprises en voie de déshumanisation, la société de consommation critiquée à ras de bitume : tous ces thèmes s'interfèrent pour livrer un document brut où ne manque ni la force, ni l'émotion, ni parfois l'humour, derrière l'amertume des jours gris. (Le Progrès de Lyon)


Ecrit sous forme de journal, ce récit est basé sur une expérience personnelle.

Au milieu d'une galerie de personnages hauts en couleur, il nous décrit l'inhumanité qui préside à la mobilité de la main d'oeuvre, le drame des chômeurs pris au piège de la société de consommation en crise.

Il est nécessaire de dire que pour la première fois de ma vie littéraire, un livre de moi est paru sans jaquette! Nu et cru! J'en ai assez d'entendre dire que les lavandes qui ornent presque toutes mes couvertures sont les plus sûrs garants de ma notoriété!

Cette réédition d'un de mes introuvables répond à la demande d'un certain nombre de mes lecteurs. A sa sortie en 1981, ce roman sous forme de journal, en dépit d'une critique favorable, n'a été acheté que par 1700 lecteurs, tous employés ou cadres de la société commerciale où j'ai oeuvré pendant 25 ans. Depuis, il a été refusé par 4 éditeurs arguant que les situations, l'atmosphère, les portraits de personnages, sont désormais obsolètes et que suivant l'expression de Molière : Nous avons changé tout cela. N'y a t-il donc plus en 2001 d'homme rejeté ? C'est la question que je pose à tous ceux qui ont la bonté de consulter mon site.


Le monde encerclé

Paru le 15 Mai 2001

Bande du livre "Le monde encerclé"

Couverture de "Le monde encerclé"

Extrait de la 4ème de couverture :

Dans un petit village des Alpes, autour d'une usine abritée de l'indiscrétion des foules, c'est une étrange conspiration de savants qui travaillent à une utilisation nouvelle et universelle de la puissance atomique.


Une curieuse complicité s'établit entre Châtelier et Verseau. Elle rendra au premier son génie créateur et au second l'enthousiasme qu'avait brisé un profond sentiment de médiocrité.


Le monde étonné retiendra les noms de ces pionniers qui ont cherché à délivrer les hommes du carcan magique et malfaisant des puissances déchaînées.

Diffusée à 3000 exemplaires, il est plus que probable que cette édition ne sera pas renouvelée. Certains libraires retirent la bande pour en atténuer l'effet dévastateur. C'est pourquoi celle-ci est reproduite ci-contre.



L'Occitane

Paru le 20 Juin 2001

Couverture de "L'Occitane"

Couverture anglaise de "L'Occitane"

Cette oeuvre est la vie d'Olivier Baussan, créateur de la société L'Occitane. Lequel a introduit dans les cosmétiques et les soins du corps la notion de produit biologique et de fraternité avec les peuples producteurs des matières premières qui soignent la beauté.

Depuis, l'ouvrage a été traduit aux Etats-Unis sous le titre : The Essence of Provence.


Lou Pastre


Couverture de "Lou Pastre"


Emmanuel Breteau est l'un de ces garçons qui rêvent leur vie. Il a commencé par s'établir dans le plus beau pays du monde : le Trièves. Je n'ai pas peur de le dire car il faut quand même avoir une certaine qualité d'âme pour vivre ici et il est bien peu probable que ce lieu attire un jour, autant de monde que le Luberon.

(Avant-images de Pierre Magnan)


Photo du Patou


Le rôle du patou n'est pas de conduire le troupeau, mais de le protéger des intrus.
Dès son jeune âge, ce chien est placé au milieu des brebis et ne doit plus les quitter.

(Emmanuel Breteau)


Mon ami Laviolette


Couverture de "Mon ami Laviolette"


Mon ami Laviolette m'avait invité chez lui, à Piégut, village qui domine la Durance. Les grives sont de passage, m'avait-il écrit, c'est le moment de se recueillir...

(Mon ami Laviolette à Gap - Dessins de M. Crespin - Ed. Thierry Davin - 1993)


Photo du village de Piégut
Village de Piégut © Editions des Alpes


Au penchant de son coteau bien présenté au soleil, rêve d'automne pour promeneur solitaire, Piegut se réserve jusqu'au bout de vous surprendre. Il vous bondit dessus comme un chat à l'ultime virage. On voit Venterol, pourtant bien plus loin, avant de se trouver nez à nez avec Piegut. - C'est ici Piégut? lui dit-on plein d'étonnement. Et il vous répond à coté comme si vous étiez une tierce personne : - Qu'est-ce qu'il vient faire encore ici celui-là? Nous voler nos noix? Nous voler nos pommes? Ou bien nous voler mon secret? C'est un de ces villages dont on dit qu'ils meurent parce qu'on n'a pas pris la peine de leur demander leur avis afin de ne pas s'entendre répondre: - Qu'est-ce que ça veut dire pour vous: mourir? Est-ce que par hasard, d'après vous, en ce moment, Paris serait en train de vivre? Car nous excellons à répondre par une autre à n'importe quelle question.

(Le parme convient à Laviolette - Mai 2000)

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