Photo de Pierre sous la citadelle Chemin sur le Contadour

...Un fil conducteur m'était nécessaire, une sorte de satellite mental qui me permettrait de voir au loin Forcalquier et ses passions... (Les romans de ma Provence)

Pierre indigné

Rubrique de l'indigné permanent



Signature de Pierre Magnan

Octobre 2003

Sommes-nous tous tombés sur la tête ?

Dieu sait si je n'ai pas pour le gouvernement (ni pour aucun autre d'ailleurs) les yeux de Chimène. Mais cette histoire de canicule où l'on essaye de faire porter le poids des morts par les ministres ou le corps hospitalier est risible. Ils ont pris des vacances, ils sont revenus bronzés! Et vous? Vous n'avez pas pris de vacances? Vous n'êtes pas revenus bronzés? Est-ce que vous aviez prévu, vous, (médias, pythonisses et particuliers) qu'un jour il ferait 41° à Strasbourg? Je dirai même mieux : est-ce que vous aviez pris toutes les précautions utiles pour que vos propres vieillards ne meurent pas?

Si l'on doit chercher des coupables, nous le sommes tous en contribuant à déstabiliser l'équilibre du monde par notre égoïsme (je ne m'excepte pas); encore n'est-ce pas prouvé, l'été prochain on sortira peut-être les pardessus et on chauffera les hôpitaux.

La vérité, c'est que nous vivons dans un univers précaire depuis l'éternité. Dire qu'il y a des remèdes d'état contre cette précarité, c'est vouloir se rassurer à tout prix; Nous exorcisons les soubresauts de la nature en donnant le beau nom de problème (ce qui suppose une solution) à des états de fait, à des phénomènes dont nous ne pouvons que prendre acte. Notre orgueil est tel que du dernier des balayeurs jusqu'aux plus puissants PDG nous croyons avoir dominé la nature. Or la nature est un milieu hostile à l'homme; qu'elle nous prouve de temps à autre qu'elle nous permet tout juste d'exister parmi elle et que c'est déjà beau, est une salutaire leçon.

Janvier 2003

Je pense à tous ces pauvres diables, militants bénévoles d'une cause perdue qui puisent avec un crible, nettoyant l'océan de leurs mains nues, Sisyphes des temps modernes, victimes de l'harassante imbécillité de tous ceux qui croient être plus que des hommes et qui scient la branche sur laquelle ils sont juchés. Pas vus, pas pris! Comme s'ils n'allaient pas être un jour eux aussi comptables des quelques sept cent mille tonnes de mazout qui se déversent annuellement dans les océans. Car il n'y a pas que l'Amoco-Cadiz, l'Erika ou autres Prestige, tous les pétroliers du monde défèquent dans la mer! Pas vus, pas pris !

Et un jour, - oh pas plus de cent ans ! - une fine pellicule de pétrole recouvrira l'étendue des mers du septentrion aux tropiques, des îles Marquises aux îles Kerguelen, jusqu'à ce que le soleil ne parvienne plus à percer à travers ces déjections, à pomper l'eau nécessaire à la pluie. Et ce jour-là adieu les Bahamas! Adieu la divine Floride! Adieu les paradis fiscaux! Adieu Surabaya et Albuquerque et Marbella! Adieu les dynasties!

Que les potentats qui arment les poubelles des mers soient les derniers à mourir grâce à divers subterfuges, n'entravera pas leur mort.

Que ce soit la consolation ou le tombeau de ceux qui ramassent à mains nues le pétrole cancérigène du Prestige.

N.B. : Il est à souligner que trois mois après la catastrophe du Prestige, sauf le capitaine qui est en prison et malgré les mâles déclarations de nos dirigeants, nous ne savons toujours pas qui clouer au pilori. Qui a armé ce rafiot qui ne tenait plus que par la rouille? Qui l'a rempli de pétrole cancérigène? Qui a signé l'autorisation de naviguer? Il y a des noms sous toutes les catastrophes! Il faut nous les jeter en pâture!

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