
...Un fil conducteur m'était nécessaire, une sorte de satellite mental qui me permettrait de voir au loin Forcalquier et ses passions... (Les romans de ma Provence)
Les secrets de Laviolette- Folio n°3697)
L'auteur au fil des années et grâce à la collection folio a élargi le cercle de ses lecteurs au sein de la francophonie.

Ma situation au 31 décembre 2005 se caractérise par un afflux d'encouragements émanant d'Internet par le biais des e-mail. L'ensemble des exemplaires vendus en collection Folio dépasse le million d'exemplaires. Cependant, en ce qui concerne les volumes brochés (c'est-à-dire plus chers de trois ou quatre fois que le volume en Folio), la situation est toujours la même, ce qui illustre bien ce que je prétends être : l'écrivain des pauvres. J'ajoute que je suis toujours farouchement opposé à la rémunération de l'auteur pour les livres prêtés en bibliothèques publiques, principal lieu où je suis lu.
J'ai dissuadé mon éditeur de faire aucune publicité payante sur mon nom. Au début, comme tout un chacun, j'étais fier de voir ma figure en placard en première page du Monde. Jusqu'au jour où je me suis aperçu que ça ne faisait pas vendre un exemplaire de plus. De même pour Apostrophes
. Qui sait quels trésors de patience et de persuasion mon attachée de presse Marie-Laure Goumet dut déployer pour me faire accepter à cette messe du vendredi soir ? Le lendemain de cet événement majeur, on m'organisa une grande signature à la librairie de Parly II (vous connaissez ?). Il me passa cinq mille personnes devant. Nul ne s'arrêta. Au personnel de la librairie apitoyé, je vendis cinq volumes.
Je crois à l'efficacité de la pub lorsque l'auteur lui-même se transforme en saltimbanque et fait de sa personne l'objet de sa réclame. Sinon, le seul appareil efficace, c'est le bouche à oreille. Un livre doit se défendre tout seul. Il se trouvera toujours une partie des lecteurs pour l'aimer et l'autre pour le détester.
Le choix délibéré du roman policier en tant que véhicule littéraire s'est imposé à l'auteur comme une évidence à partir du moment où (théorie du nouveau roman aidant) cette technique d'écriture était désormais la seule qui pouvait en référer à la poétique d'Aristote, à savoir: un commencement, un milieu, une fin. L'auteur n'avait pas envie de raconter son histoire intérieure mais bien plutôt toutes les histoires extérieures à lui. Même les oeuvres à connotation autobiographique comme La naine, L'amant du poivre d'âne, Apprenti ou Un monstre sacré font appel à la péripétie et au foisonnement des personnages. L'auteur qui est un écrivain figuratif s'ennuirait à raconter sa propre histoire si elle ne s'enracinait pas dans la marche générale du siècle.
Je dois ajouter que depuis que je suis sur le Web mon audience s'est considérablement accrue et que je reçois beaucoup plus d' e-mails que de lettres manuscrites.
Puisque aucun de mes éditeurs n'en a fait état (ce doit être trop commun), je suis quand même heureux d'annoncer qu'avec Laure du bout du monde paru en septembre en folio, les tirages cumulés de mes titres dans cette collection ont atteint un million trois cent mille exemplaires.
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